Le financement du syndicalisme: quelques chiffres

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Ce jeudi, j’anime le petit-déjeuner de la Lettre de l’Assurance, qui reçoit le député Nicolas Perruchot, auteur du fameux rapport sur le financement syndical.

J’ai eu, à plusieurs reprises, l’occasion de traiter cette question, et pas seulement dans mon ouvrage Au coeur du MEDEF. Sur le fond, chacun sait que, faute d’une véritable transparence dans le financement du syndicalisme, des pratiques se sont mises en place, qui constituent autant de biais dans le dialogue social français.

Pour aller vite, l’équilibre financier des organisations syndicales, salariales ou patronales, est aujourd’hui assuré par des ressources extérieures aux cotisations. En particulier par les fonds de la formation professionnelle et du paritarisme au sens large: sécurité sociale, régimes complémentaires, etc.

Dans ces conditions, il est assez facile de comprendre pour quelle raison toute évolution dans ce domaine est systématiquement bloqué. L’enjeu, pour les organisations syndicales, là encore j’insiste, qu’elles soient salariales ou patronales, est autant de prendre des positions représentant les intérêts de leurs mandants, que des positions conformes à leurs intérêts financiers directs.

Je reproduis ici les excellents tableaux du rapport Perruchot, mis en ligne sur le site du Point, pour donner une illustration concrète à mon propos.

Dans ce tableau, on voit clairement que le MEDEF ou la CGPME ne peuvent pas se financer grâce aux seules cotisations de leurs adhérents. Ces organismes complètent donc leurs ressources par des « à-côtés »:

Ce tableau montre quelles ressources complémentaires les grandes organisations patronales perçoivent du monde paritaire. La formation professionnelle occupe une place privilégiée dans ce financement discret, mais important, qui pose un problème moral. Les organisations patronales ne « crachent-elles pas dans la soupe » lorsqu’elles dénoncent les charges qui pèsent sur les entreprises… mais dont elles vivent?

Ce dernier tableau montre quelle somme chaque organisations syndicale perçoit annuellement du paritarisme. L’UPA, qui représente les artisans, apparaît comme le dindon de la farce.

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