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La crise des réfugiés n’en est qu’à ses débuts

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Au moment où je publiais cet article, l’Allemagne annonçait le rétablissement des contrôles aux frontières avec l’Autriche. Après avoir réclamé 800.000 réfugiés cette année, Merkel fait un nouveau revirement! L’Europe de Schengen meurt sous nos yeux.

Le duo Merkel-Hollande pensait avoir réglé la question des réfugiés en tordant le bras à l’Union avec sa politique de quotas imposés. En réalité, le sujet n’en est probablement qu’à ses débuts: l’appel d’air de l’Allemagne avec ses 800.000 réfugiés attendus donne un essor impressionnant au mouvement migratoire qui provoque des tensions grandissantes sur le continent.

Merkel appelle les réfugiés en Allemagne

En publiant urbi et orbi le chiffre de 800.000 réfugiés attendus cette année, Mutti Merkel a évidemment donné une ampleur maximale à un mouvement déjà sur une pente fortement ascendante. Rappelons qu’on estime fin août que 430.000 réfugiés ont traversé la Méditerranée en huit mois. En affichant le chiffre de 800.000 réfugiés dans l’année pour la seule Allemagne, Merkel a donc tout simplement appelé unilatéralement à une amplification du phénomène, dont, rappelons-le, la Grèce, la Macédoine et la Hongrie sont les pays de frontline. Pour tenir l’objectif affiché par l’Allemagne, il faudrait donc doubler le rythme d’arrivées connu au premier semestre!

Assez curieusement, la même Merkel demandait la même semaine des efforts à la Grèce et à la Turquie pour le contrôle de leurs frontières:

« La Grèce doit aussi prendre ses responsabilités » dans la protection des frontières extérieures de l’UE qui n’est « actuellement pas assurée », a estimé la dirigeante lors d’un congrès de son parti conservateur, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) consacré au numérique, à Berlin.

Les Grecs sont vraiment les têtes de Turcs des Allemands!

Merkel trie les réfugiés sans aucun scrupule

Lors de cette réunion de la CDU, Angela Merkel a par ailleurs fait toute la lumière sur la politique migratoire allemande:

Elle a en outre réaffirmé que seuls les migrants qui ont besoin d’une protection, car ils fuient la guerre ou les persécutions par exemple, pourraient rester en Allemagne.

« Celui qui en revanche n’a pas besoin de protection, celui qui vient pour des raisons économiques –aussi compréhensibles soient-elles– ne peut pas avoir de perspectives de rester chez nous », a souligné la chancelière. « Et nous devons le dire clairement sinon nous ne pouvons pas apporter la protection nécessaire à ceux qui en ont besoin ».

Sans les nommer explicitement, Angela Merkel faisait allusion aux nombreux demandeurs d’asile venus des pays des Balkans.

Troquer des Balkaniques contres des Syriens, c’est pas beau! mais ça s’explique.

« Pourquoi est-ce que tout le monde ne veut que des Syriens ? Moi, je peux vous le dire car j’ai vécu cinq semaines avec eux : ce sont des gens comme nous, j’ai rencontré des avocats, des médecins, des dentistes, ils sont souvent éduqués, souvent ils ont de l’argent, ils arrivent après un parcours bref, en pleine capacité de leurs moyens »

Les grands perdants de ce marché aux réfugiés sont les Afghans…:

« les Afghans qui ont déjà subi quatre mois d’humiliations (pour arriver jusque-là, ndlr) et qui sont d’une culture très éloignée de la nôtre », s’aggrave durant leur séjour à Lesbos, selon elle. Il s’y développe des « maladies de la faim » ou des épidémies de gale, et « certains vont repartir encore plus fragilisés en Europe du Nord »

… et les ressortissants des Balkans qui représentent aujourd’hui 40% des demandes d’asile. On ne devrait pas tarder à assister à un mouvement croisé sur les routes d’Europe centrale: les Syriens allant vers le Nord et les Roms et autres tribus de la zone redescendant vers le sud.

Réfugiés

La Grèce submergée par les réfugiés

L’appel d’air lancé par l’Allemagne est en train de submerger certaines îles grecques.

A Lesbos par exemple, 22.500 migrants sont arrivés en une semaine, soit le quart de la population de l’île. Ce flux donne lieu à des scènes apocalyptiques que l’Europe avait oubliées depuis longtemps:

Des milliers de personnes ont ainsi été contraintes de camper dans les rues dans des conditions précaires alors que des heurts éclataient régulièrement entre la police et la foule de migrants qui tentaient de monter à bord des ferries.

La Macédoine mise hors service par les réfugiés

De son côté, la petite Macédoine perdue dans ses montagnes a mis un genou à terre face à ces marées humaines pour qui elle constitue un pays de transit et auxquelles elle n’est absolument pas préparée. Le pays ne dispose pas d’infrastructures de transport, ni d’équipement suffisant pour assurer la logistique d’une telle population en errance. On parle à titre d’exemple de 7.600 arrivées en douze heures, dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, pour une population totale de 2 millions d’habitants, c’est-à-dire l’équivalent de Paris centre.

« Le dernier train est parti dans la nuit (de mercredi à jeudi). Et sans train, on a été obligé de s’organiser avec des autobus », a expliqué à l’AFP Alexandra Krause, chargée de la communication auprès du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). (…)

« Si la Grèce envoie d’un seul coup plusieurs milliers de personnes, nous allons être facilement débordés », met-elle en garde. Le HCR gère le centre d’accueil côté macédonien de la frontière, quelques conteneurs en tôle pouvant accueillir à peine plusieurs centaines de personnes.

Les réfugiés qui n’avaient plus de place dans les conteneurs s’entassaient jeudi sur un plateau avec, pour seule protection, des grandes bâches en plastique frappées de l’emblème de l’UNHCR qu’ils tenaient au-dessus de leur têtes.

C’est « une tragédie humaine », admet la porte-parole de l’ONU.

Les Macédoniens commencent à évoquer l’idée d’une frontière étanche sur le modèle hongrois, pour juguler le flux de migrants.

42.000 réfugiés attendus en Serbie

Etape suivante après la Macédoine, la Serbie devient elle-même un espace de tensions. Les réfugiés ont en effet besoin de traverser le pays pour rejoindre la frontière hongroise.

Environ 42.000 personnes supplémentaires pourraient arriver en Hongrie depuis la Grèce, la Macédoine et la Serbie dans les dix prochains jours, selon le HCR.

Pour faire face à cet afflux, la Hongrie a par ailleurs érigé une clôture provisoire de barbelés le long des 175 km de frontière avec la Serbie, doublée d’un mur haut de quatre mètres qui devrait être terminé avant fin octobre.

La Hongrie absorbe l’essentiel du choc

L’ironie de l’histoire veut que l’essentiel du « goulot » frontalier organisé par Schengen soit tenu par le gouvernement le plus radical qui existe en Europe, celui de Viktor Orban et de son parti, le Fidesz, assez peu férus de droits de l’homme. Les Hongrois s’attendent à un flux de 500.000 réfugiés cette année, alors que le pays ne compte que 10 millions d’habitants. Toutes proportions gardées, un afflux similaire en France représenterait 3 millions de personnes à faire transiter dans le pays…

Pour la Hongrie, le phénomène des réfugiés cause des troubles grandissants. Après la construction en urgence d’une mur de barbelés de 175 kilomètres pour empêcher (de façon illusoire) tout passage depuis la Serbie, le gouvernement hongrois multiplie les manoeuvres politiques pour contrer la politique allemande d’ouverture, dont la Hongrie est le principal théâtre. Le pays pourrait prochainement se déclarer en état de crise.

La situation y donne déjà lieu, comme on le voit,  à de nombreuses scènes hallucinantes.

L’Autriche suspend ses liaisons ferroviaires

Face à ces arrivées massives, l’Autriche a elle aussi dû tirer toutes les conséquences d’une situation d’exception qui ne devrait pas s’apaiser.

Des dizaines de milliers de personnes sont passés depuis en Autriche, d’où la plupart ont poursuivi leur route vers l’Allemagne. Mais les autorités autrichiennes et la compagnie ferroviaire autrichienne ÖBB, qui assure une large part de ces mouvements de populations, ont dû temporairement interrompre les liaisons avec la Hongrie, incapable de faire face à la surcharge du trafic. « Toujours plus de gens arrivent chaque jour », a expliqué un porte-parole des Österreichische Bundesbahnen. « Cela excède de loin nos capacités. » « C’est la raison pour laquelle nous voulons ralentir le flux en provenance de Hongrie. Ce n’est pas la solution, mais il serait irresponsable de notre part de laisser des gens continuer à arriver et d’être obligés de passer la nuit dans des gares. » On ignorait en milieu d’après-midi si le service pourrait reprendre vendredi.

Le blocage des frontières dans l’Union, objet tabou depuis Schengen, rendu de fait obligatoire par les marées humaines qui les submergent.

Munich en situation explosive

Angela Merkel donne le sentiment d’avoir joué aux apprentis sorciers en décidant depuis Berlin d’un appel au refuge qui est supporté par la Bavière, tenue par des chrétiens conservateurs traditionnellement peu amateur d’immigrations. C’est le secret de l’Allemagne: le Nord fait des promesses qui n’engagent que le sud (pour l’essentiel en tout cas).

Dès aujourd’hui, Munich (sous direction sociale-démocrate) considère avoir atteint ses capacités maximales d’accueil:

Dieter Reiter, le maire social-démocrate de Munich, s’est dit « très préoccupé par l’évolution de la situation ». « Nous ne savons plus comment faire avec les réfugiés », a-t-il déclaré. Munich se plaint du manque de soutien des autres régions allemandes face à l’afflux record. Toute prise en charge par d’autres régions de quelques centaines de réfugiés « nous aiderait à éviter le chaos », a-t-il dit à la gare.

Depuis le 31 août, Munich aurait accueilli 63.000 réfugiés:

de l’avis de l’administrateur bavarois Christoph Hillenbrand, Munich ne pourra pas indéfiniment faire face à un tel afflux.

« Il n’est pas viable pour nous d’accueillir chaque jour l’équivalent de la population d’une petite ville. Sur un plan logistique, ce n’est tout bonnement plus tenable », ajoute-t-il.

Le Danemark ferme ses frontières

Le voisin septentrional de l’Allemagne, et méridional de la Suède (favorable à l’accueil de migrants), le Danemark a manifesté quant à lui son opposition à cette politique migratoire en interrompant ses liaisons ferroviaires avec l’Allemagne!

La compagnie ferroviaire danoise DSB a annoncé avoir suspendu, sur ordre de la police, toutes les liaisons avec l’Allemagne après le refus de centaines de migrants en transit vers la Suède de descendre de train à leur arrivée au Danemark. «C’est la police qui nous a demandé de le faire», a indiqué à l’AFP un porte-parole de DSB. Au moins deux trains transportant 200 réfugiés étaient bloqués à Rødby, port à 135 km au sud-ouest de Copenhague relié par ferry à l’Allemagne. Comme ils refusaient de demander l’asile au Danemark, les autorités leur ont expliqué qu’ils risquaient de cette manière d’être refoulés vers l’Allemagne. Certaines de ces personnes ont tenté de s’enfuir, mais la plupart ont été rattrapées par la police, qui les a envoyées dans un centre pour réfugiés.

Par ailleurs, l’embarquement des trains sur les ferries rapides entre Puttgarden (Allemagne) et Rødby, ainsi que le passage des trains à la frontière terrestre à Padborg, dans l’extrême sud du pays, sont suspendus jusqu’à nouvel ordre dans les deux sens.

Il n’est pas sûr qu’on ait assisté à de telles scènes en Europe depuis 1945…

Le groupe de Visegrad opposé aux choix migratoires allemands

Le choix unilatéral de l’Allemagne d’ouvrir ses frontières (qu’elle n’a pas en commun avec la Syrie…) ne plaît pas à tout le monde en Europe. La réunion extraordinaire des ministres de l’Intérieur qui s’est tenue vendredi 11 septembre a permis de le vérifier.

En pratique, l’opposition est menée par le groupe de Visegrad: Pologne, République Tchèque, Slovaquie et Hongrie, qui ne se sent pas d’attaque, dirait-on, pour accueillir de nouveaux venus.

les pays « doivent avoir le contrôle sur le nombre de réfugiés qu’ils sont prêts à accepter », a martelé devant la presse le chef de la diplomatie tchèque Lubomir Zaoralek.

Une position déjà défendue jeudi par la Roumanie, rejointe par le Danemark.

Ces réticences, maintenues malgré la visite du ministre allemand de l’Intérieur, soulignent bien le dilemme actuel de l’Union: comment améliorer la gouvernance de la zone euro et renforcer l’intégration communautaire quand plusieurs Etats membres se considèrent d’ores et déjà comme au bout des transferts de souveraineté qu’ils sont prêts à accepter. L’empressement de l’Allemagne à élargir l’Europe dans les années 90 est en train de se payer cash.

Les réfugiés et leurs conséquences durables pour l’Union

Pour l’ensemble de l’Union, cette arrivée massive de réfugiés, largement nourrie par l’Allemagne, constitue un nouveau défi après la crise grecque. Dans la pratique, la libre circulation des personnes est devenu un sujet polémique et tout laisse à penser que, dans les prochains mois, la question de Schengen sera à nouveau sur la table. L’Europe peut-elle indéfiniment laisser son espace intérieur ouvert quand ses frontières extérieures sont devenues des passoires?

Une réponse négative à cette question constituerait un antécédent: pour la première fois, un acquis communautaire serait remis en cause par une décision politique. Les prochaines semaines devraient constituer un bon test sur la capacité de résistance de l’Union à la pression qui s’installe.

La guerre pour sortir de la crise

Sans grande surprise eu égard à notre vieille tradition militaire, c’est peut-être l’opinion française qui indiquera la principale voie de sortie de crise: la guerre contre Daesh. Un sondage d’opinion vient d’indiquer qu’une majorité de Français était favorable à une intervention terrestre en Syrie. La guerre comme continuation de la politique par d’autres moyens, c’est bien connu.

 

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28 commentaires

  1. pierre dit

    La grenade dégoupillée par Merkel vient de lui exploser au nez : l’Allemagne suspend Schengen, en réintroduisant le contrôle des frontières avec l’Autriche !

    Bien fait pour elle. Ca lui mettra (on peut rêver) un peu de plomb dans le crâne.

    Au-delà la question demeure entière :
    -la guerre en Syrie n’est pas nouvelle
    -la fuite de centaines de milliers de Syriens en Turquie etc… n’est pas nouvelle
    -l’immigration massive en Europe; éco, familiale, ou pseudo « asile politique »… n’est absolument pas nouvelle non plus.

    Alors pourquoi ? Pourquoi cette gigantesque opération de propagande, déclenchée par la photo de l’enfant ?

    Rien n’est dû au hasard. Pourquoi cette opération a t elle été montée, soutenue par tout l’appareil, politique, médiatique, maintenant avec une force, voire une hystérie absolument JAMAIS VUES ?

    Pourquoi ?

    Vous émettez l’hypothèse d’une accélération en Syrie, avec l’idée de justifier une intervention pour en finir avec Assad, sous couvert de lutte contre « Daech », et sous couvert de fermer le robinet à émigration.

    Exactement comme la Turquie qui bombarde les Kurdes… en luttant « contre Daech ».

    C’est une hypothèse intéressante.

    Mais enfin quelques énarques auraient dû comprendre que les effets négatifs d’une telle invasion auraient largement écrasé le bénéfice de la chute d’Assad.
    C’est trop gros. Même avec leur cerveau mal monté, même pour le gang des bruxellois.

    Idem pour l’argument « l’Allemagne a besoin de main d’oeuvre ». Même si cela était vrai… cela ne justifie pas rationnellement une telle opération, une telle hystérie « ouvez-vous », « accueillez les tous », « plus », « encore plus », « we need more ». qui atteint -répétons le- des proportions inouïes.

    Il y a forcément une autre explication.

      • pierre dit

        Je n’en sais rien ! 😉

        Mais encore une fois, il faut mettre en regard : la propagande et ses effets de bord avec l’objectif recherché.

        Après tout :
        -« Daech » commet des horreurs, on nous le rappelle très régulièrement : assez pour justifier une intervention en Syrie, et dégommer au passage Assad, non ?

        -le coup de l’attaque chimique il y a 2 ans n’a pas fonctionné. Mais on aurait pu recommencer, et cette fois, remporter la mise.

        -On aurait pu armer massivement « Daech », via des voies détournées, pour accentuer la pression sur Damas,

        -On aurait pu commettre un attentat false flag sanglant en Europe, et accuser « Daech », et ensuite envoyer les bombardiers (AKA 2001 et l’Afghanistan).

        Voyez ? En matière de coups tordus, on sait faire.

        Mais déclencher une apocalypse (il n’y a pas d’autres mots) migratoire en Europe uniquement pour descendre Assad… ça paraît trop gros comme je le disais.

        Regardez les effets de bord qui arrivent très vite :
        -si on écarte les neuneus du Système (artistes, journalistes, politiciens, etc.), les peuples sont vent debout contre cette invasion

        -l’UE explose : les pays de l’est passent en mode survie, et se désolidarisent de l’ouest

        -Encore quelques mois à ce rythme, et Schaengen n’existera plus (tant mieux !)

        -les prochaines élections vont être un massacre pour les bruxellois.

        -ca renforce l’hypothèse du Brexit lors du référendum (là encore les Anglais vont bien comprendre que UE = invasion délirante donc courage fuyons)
        Ca pourrait même renforcer les Catalans. Et je ne parle même pas des Grecs la semaine prochaine (Aube Dorée élue, ça vous dirait ?)

        En France…. Hollande achève de clouer son cercueil avec l’air ravi du débile mental.

        C’est vraiment fou. Alors qu’avant la stratégie du système était de MINIMISER à tout prix la réalité de l’immigration ! Grosse différence.

        Bref, tout ceci laisse perplexe.

        Ou alors, rasoir Occam : ils sont tous devenus… simplement déments. Une maladie auto immune qui attaque les neurones.

        Mais franchement, il faut creuser.

  2. pil dit

    Une opération terrestre française en Syrie avec Assad soutenu par la Russie qui trouvera sûrement à son goût de voir des troupes étrangères en Syrie.
    Donc on a quelques dizaines de millions de stratèges francais prêts à envoyer au casse pipe les troupes françaises qui sont déjà bien occupées ailleurs. Les francais pro-intervention terrestre sont complètement à côté de leurs pompes, ce doit être les mêmes qui lisent les chefs-d’oeuvre de Michel Onfray, le Clausewitz du XXI ème siècle.

    • xc dit

      Il faut lire le billet de notre autre super-stratège, BHL, dans « Le Point » (papier, je ne sais pas si le billet est en ligne) du 3 septembre. Pour résumer: les combattants de Daech sont nuls et seront balayés en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire par une intervention terrestre.

  3. pierre dit

    Ca part en sucette, et c’est parfaitement normal.

    3 news en quelques heures :
    -l’Allemagne stoppe trains en provenance d’Autriche. On parle d’arrêt provisoire de Schenghen
    -« vers un veto slovaque »
    -« République tchèque renforce contrôles frontières avec Autriche »

    Et ce n’est que le début. En clair , la réunion du gang Junker, Merkel, Hollande pour les « quotas » cette semaine sera un échec. Total.

    L’UE -politique- est en train d’imploser, littéralement. L’UE se brise. En petits morceaux.

    Les anglais voteront le Brexit, c’est sûr.

    On le voit a priori, tout cela ne va pas dans le sens des Bruxellois qui ne rêvent que d’intégration, de fusion, de fédéralisme centralisateur !

    Alors ? Pourquoi Merkel, Hollande, Junker sont ils si fanatiques à ce point, et célèbrent la venue des « réfugiés » (en 2 semaines, les immigrés sont devenus des migrants, puis des réfugiés) ?

    C’est cela qui cloche.

  4. déception positive dit

    « Il y a forcément une autre explication » nous dit Pierre et personne ne trouve de réponse. Je n’ai pas L’EXPLICATION mais peut être un élément de réponse et on pourrait commencer avec ce que personne n’évoque : ce silence tonitruant du reste du monde. Notamment celui des USA (pourquoi parle-t-on toujours des syriens jamais des Irakiens ? N’évoquons même pas ces « galeux » d’afghans « que je ne saurais voir »… Pourquoi ???) et celui des pays du golf (quoique,là, autant pour moi, erreur, car l’Arabie saoudite constatant l’afflux de plus de 20 000 migrants ce weekend sur l’Allemagne a immédiatement réagit en proposant à Angela de lui débloquer des crédits pour pouvoir rapidement leur construire 200 mosquées sur le territoire allemand..)

  5. pierre dit

    Quelques idées :

    -stratégie du choc : avec ce chaos migratoire, qui va conduire vers un chaos économique, social, et politique (c’est une certitude), on prépare le futur « scapegoat », on s’exonère de toute responsabilité ou on prépare le futur tour de vis politique centralisateur.

    Les bruxellois pourront dire : « oh la la l’économie s’est effondrée, mais c’est pas de notre faute ». Ou « Oh la la il y a des émeutes, c’est pas notre faute, votez pour nous donner davantage de pouvoirs », « Il faut créer la Francallemagne avec un seul gouvernement » etc.
    C’est possible, mais particulièrement tordu.

    -stratégie de la diversion : on provoque un désordre inouï, on focalise tout le débat public sur les « migrants »… Pendant ce temps, le populo ne pense pas à l’économie, aux taxes, à l’Euro, à la Grèce, à la Catalogne, etc.
    Efficace mais risqué.

    -stratégie honteuse : Merkel a peur de dénoncer Shenghen, alors elle met le turbo sur les « migrants », cela provoque des images de chaos (gare de Munich, Hongrie etc.). Et emballé pesé. « Ach so, c’est pas de ma faute, mais le système ne fonctionne pas, il faut en changer ».

    -la stratégie perverse : il y a une volonté évidente de briser l’UE, de la casser et qui ne date pas de cette crise des « migrants ».
    A qui profite le crime ?
    Aux Etats Unis bien entendu dont l’impérium en matière géo politique commande de briser toute puissance qui pourrait lui faire de l’ombre (y compris donc Russie, Chine).

    Les USA ont toujours poussé pour intégrer la Turquie. Un signe qui ne trompe pas.
    Les USA ont cassé le Yougoslavie, poussé en avant systématiquement les populations musulmanes, favorisé la balkanisation, etc.
    Les USA ont téléguidé la réaction européenne au sujet de l’Ukraine, contre les intérêts économiques et énergétiques de l’Europe.

    Bref, ils ont un passif. Un lourd passif. Et cette crise des « migrants » achèvera objectivement le boulot, avec une balkanisation à l’échelle continentale.

    La carte syrienne relève du cadeau bonus, de la prime. Mais le choc migratoire a forcément une raison, politique, liée à l’Europe elle-même.

  6. grouik dit

    D’accord avec les propos de Pierre.Je me pose les memes questions.Quelques pistes:une guerre au moyen orient ferait remonter les cours du pétrole,principaux facteurs de la dépression mondiale.Ou alors un nouvel ordre économique et financier mondial est en préparation du coté des usa.Dans tous les cas on assiste a la mort des démocraties politiques occidentales,Merkel ne se relèvera pas de ce chaos,Hollande qui lui a obéi est mort politiquement,la commission européénne s’est suicidée sous nos yeux

  7. Rogemi dit

    Pierre ne cherchez pas des explications car Merkel a agit en dépit du bon sens et je ne crois pas qu’il y ait des desseins cachés mais plutôt une incompétence crasse. Mme Merkel est une apprenti-sorcière qui s’est cassée la gueule.

    L’espace Schengen a tenu 7 jours et on se demande comment on a pu en arriver là car n’importe quelle personne avec deux doigts de jugeotte
    aurait pu prévoir ce qui est advenu.

    Une petite remarque pour rire jaune:
    je vous rappelle que la fête de la bière de Munich [Oktoberfest] débute le
    19 septembre et qu’une gare de Munich occupée par des clandestins
    serait la pire des choses pour cet événement annuel car des milliers de
    personnes arrivent par train.
    Je le répéte à l’encan:
    l’Allemagne n’a pas besoin de ces réfugiés illégaux puisque les jeunes allemands ont aujourd’hui des difficultés à trouver du travail et le taux de chômage est très élevé sans parler du nombre incroyable de familles qui
    émargent à l’aide sociale (Hartz 4) plus de 6 millions dont 5 millions
    d’étrangers.

    • Pylm dit

      Votre germanophobie et votre ignorance de la réalité de l’Allemagne sont crasses, pour reprendre votre vocabulaire.
      Certes, je me doute que vous préférez l’idéologie à la réalité, une maladie courante chez nous. Mais, je vous suggère quand même d’aller en Allemagne et de parler avec les allemands.

  8. Mondran dit

    Cela fera sans doute dans le futur l’objet de quelques thèses d’histoire ou de l’anti-management de la catastrophe. Je pense que les raisons sont multiples et pour certaines profondément irrationnelles. Le cynisme économique de certains mâtiné du désir de repentance pour d’autres est un bien funeste mélange.
    Ce qui est certain c’est que nous venons de vivre en France une phase intense de propagande où tout le mépris pour les français ordinaires s’est étalé au profit d’un amour inconsidéré pour la figure de l’autre pourvu qu’il ne soit pas européen (le Grec par exemple est paresseux et truqueur, c’est bien connu). Le dessin de Plantu dans le monde daté du 10 septembre est très révélateur. Il représente des ouvriers français, dessinés tout de gris, avec l’air vachard et méchant agrippant avec violence un quidam tenant un livre rouge (le code du travail sans doute). Ces affreux quidam tournent le dos à des migrants tout sourire (en couleur sur le dessin) et la larme à l’oeil, tout heureux de rejoindre le paradis français en s’écriant « nous travailler le dimanche pas de problème ».
    Cette propagande était particulièrement intense sur France Inter. J’ai eu le déplaisir d’écouter un invité (je ne me rappelle plus lequel) expliquer doctement que la France devait accueillir autant de migrants que possible, leur arrivée étant la promesse d’une future croissance. Le journaliste n’a bien évidemment pas relever ce recours à la pensée magique. Dans un pays ou tous les mois on détruit plus d’emplois qu’on en crée, comment l’absorption de dizaine de milliers de personnes fuyant des situations difficiles pourrait spontanément créer de la croissance ? A moins de penser qu’ils ne soient dépositaires de qualité ou de compétences qui feraient défaut aux autochtones, ce qui est inconsciemment tenu pour acquis par nos « élites ».
    Ceux-ci d’ailleurs étaient en cette fin de semaine avant le revirement de Merkel, certains que l’opinion avait changé et s’était aligné sur leur glose émotionnelle.
    Je crains pour eux que les prochaines élections ne soient une cruelle désillusion et marque encore plus le fossé immense qui sépare désormais l’oligarchie du peuple.

  9. Pylm dit

    J’étais en Allemagne ces derniers jours. Vous vous rendez mal compte de l’implication des allemands pour les réfugiés. Il n’est pas facile d’accueillir autant de monde, et des chantiers sont ouverts partout pour pouvoir les loger. Ce sont par exemple des sortes de tentes dans des parcs. L’Allemagne veut simplement faire les choses correctement. La France est un pays malade, ce n’est pas le cas de l’Allemagne.

    Je profite de cette tribune pour vous mettre ci-dessous la traduction d’un mail reçu il y a quelques jours d’un ami yéménite que j’ai connu il y a 40 ans. Je voudrais que tous, vous compreniez ce qu’est la guerre, la vie sous les bombes. Je voudrais aussi que vous compreniez le jeu trouble de l’Arabie Saoudite et des Emirats, et la difficulté de juger des situations arabes avec les infos que nous recevons. Mon ami est un homme d’affaires, père et grand-père. Un homme qui a droit à la paix.
    ————————————————————————————-
    Sanaa 6/9/2015
    Cher Ami,

    Sanaa est sous le feu. Les saoudiens et leurs alliés insistent pour faire disparaître le Yémen et son peuple. Nous faisons face à des raids aériens, nuit et jour. Nous vivons dans l’horreur et la peur. Le futur pour nous est gris, nous ne savons pas ni notre maison sera sûre demain ou un autre jour. C’est vraiment une vie incertaine.
    Nous n’avons rien fait pour aller en France, c’est difficile d’avoir un visa d’entrée. (j’ai proposé à Mohammed et sa famille de les accueillir).

    L’attaque saoudienne se poursuit avec plus d’agressions. Ils ont détruits des écoles, des hôpitaux, des habitations, des magasins alimentaires, des camions, des autobus pleins de passagers,des toutes et des ponts, etc. Des villes comme Sadah et Harath au nord, comme Taiz et Aden au sud ont été complètement détruites par des bombardements aériens. Ils utilisent des bombes de destruction massive. Les destructions atteignent ma maison qui est à 11 kms au nord de la zone de combat !!! Tu peux imaginer les horreurs et les pertes de maisons et de familles.

    Plus de 5000 tués et 30000 blessés. A Mocha, un ensemble de bâtiments appartenant à la compagnie publique d’électricité à été rasé, et plus de 120 civils sont morts. Des familles entières ont été tuées. Il était pourtant connu qu’il n’y avait ni installation militaire, ni personnes armées.

    A Sanaa, un avion saoudien a démoli plusieurs maisons habitées.
    Cher ami, nous faisons face à un massacre chaque jour, et un embargo complet nous enlève les produits alimentaires, les médicaments, essence et tous les produits dont nous avons besoin, dans le silence de la communauté internationale. Personne n’exprime de condamnation de ce qui se passe. Aucun pays ne fournit de support ou d’aide. L’argent saoudien a fermé tous les réseaux possibles d’aide.

    Les EAU ont envahi le Yémen par la frontière saoudo-yéménite à Marib. Ils occupent notre camp militaire 107, à Safer, près des installations pétrolières. Les envahisseurs incluent des forces militaires saoudiennes et bahreïnies équipées de matériels modernes, tanks, lance-roquettes et hélicoptères Apache. Ils prétendent préparer l’invasion de Sanaa et la nettoyer de leur opposition.

    L’armée yéménite doit defender notre pays. Ainsi un missile a été lancé contre les camps occupés (par les saoudiens et pays du Golfe) et a détruit ces camps. Plus de 60 émiratis, 30 saoudiens et 10 bahreïnis, officiers et soldats ont été tués, et leur équipement détruit.

    Bien qu’ils envahissent le Yémen, est-ce que l’Ouest considère leur action comme une agression ? Ils veulent que nous accueillons les envahisseurs comme des supporters !!!!
    L’histoire est trop longue.

    Peux-tu prier pour notre sécurité et celle de notre peuple.

    Amicalement,

    Mohammed

  10. Pierre dit

    Je rebondis sur le problème des « djihadistes » infiltrés parmi les « réfugiés ».

    Les djihadistes n’ont pas besoin de se « cacher » pour venir.

    Le voyage est long, dangereux… A quoi bon ? Alors qu’il suffit de prendre un avion ?

    Je vous rappelle -encore une fois- que l’invasion migratoire n’a absolument pas commencé… il y a 15 jours (comme les médias tentent de nous le faire croire).

    C’est un processus engagé depuis des années.

    Allez en Seine Saint Denis… Gare du Nord, Auberviliers, 18ème arrondissement de Paris, vous êtes en Syrie, Algérie, Maroc, Niger, Mali.
    Un « djihadiste », même barbu, serait ici totalement noyé dans la masse. Totalement indétectable.

    Allons plus loin.

    Qui pose le plus grand danger ?

    100 djihadistes qui se cachent dans la masse des immigrés… ou la masse des immigrés elle-même ?
    Les premiers commettront quelques attaques, et seront vite mis hors d’état de nuire… mais les seconds ? Les centaine de milliers ou milions d’individus, formant la mer dans laquelle nagent les poissons dont parlait Mao…et qui eux modifieront profondément votre société, à plus long terme.

    Bref, ne vous laissez pas distraire, et gardez en tête les ordres de grandeur.

    Les « djihadistes cachés » relèvent du croquemitaine, façon « Daech ».

    Les seuls « djihadistes » qui se sont attaqués à nous… pour l’instant… ce sont des enfants d’immigrés, nés en France. Des racailles de banlieue, paumées et embrigadées.

    « Daech » a beau aligner des dizaines de milliers d’hommes, a beau conquérir de vastes territoires, a beau appeler régulièrement à des attaques contre l’occident… pour l’instant ils sont fort bien élevés -étonnament…

    Ou alors ils attendent un feu vert.

    Mais ceci est un autre débat.

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