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Gouvernement profond: les Young Leaders franco-anglais sur les rails

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La France et la Grande-Bretagne ont décidé de lancer en catimini un programme de gouvernement profond appelé « Young Leaders » franco-britanniques, qui feront le pendant aux « Young Leaders » américains. Cette décision, prise le 3 mars, est passée inaperçue. Elle en dit pourtant long sur la volonté de « coopérer » qui rapproche les deux pays, par-delà le Brexit.

Le gouvernement profond et les Young Leaders

Pour ceux qui ignoreraient tout des « Young Leaders », je renvoie à un article cocasse publié sur le site de France Inter. Je qualifie cet article de cocasse puisque l’un des invités du programme « Young Leaders » organisé par les Etats-Unis et par la French-American Foundation n’est autre que Bernard Guetta, chroniqueur sur France Inter.

Certains se sont demandés, peut-être, pourquoi les chroniques de Bernard Guetta sont univoques et monocordes – je veux dire qu’elles résonnent toujours dans le même sens: la domination américaine sur la diplomatie française est bonne, et les ennemis des Etats-Unis sont nos ennemis. Ils ont enfin une explication: Bernard Guetta, dont la salaire est payé par le contribuable, fut entraîné par nos cousins d’Outre-Atlantique pour répéter inlassablement la même leçon, avec des accents vaguement sociaux-démocrates.

Ce programme d’échanges de haut niveau a en outre profité à des gens aussi disparates que Jeannette Bougrab ou Najat Vallaud-Belkacem.

Le gouvernement profond et la Grande-Bretagne

Le programme des Young Leaders correspond bien à cette logique du gouvernement profond, qui consiste à s’appuyer sur des réseaux d’influence personnelle plutôt que sur des idées opposables ou des programmes démocratiquement débattus. Il y a le monde des idées, et le monde des affinités. Le gouvernement profond préfère le second au premier.

On notera donc avec amusement que la France et la Grande-Bretagne ont décidé d’acclimater un programme américain pour améliorer leurs relations bilatérales. Et on notera aussi avec amusement que François Hollande en est l’un des promoteurs actifs… après avoir lui-même profité du programme en 1981.

Telle est l’ironie de l’histoire: les chiens ne font pas des chats. Derrière les postures dénonçant le monde de la finance, qui lui ont permis d’être élu en 2012, François Hollande ne manque jamais une occasion de défendre une position atlantiste (en Syrie par exemple), et s’apprête à organiser une coopération durable d’influence entre la France et la Grande-Bretagne.

Au passage, il est intéressant de noter que ce programme prend forme au moment où la Grande-Bretagne menace d’un Brexit. Alors que nos voisins d’Outre-Manche ne ménage pas leurs critiques ni contre l’Europe ni contre la France, les gouvernements respectifs de deux Etats se disent qu’ils peuvent peut-être organiser leur coopération sur le long terme en créant un réseau d’amis…

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13 commentaires

  1. yoananda dit

    gouvernement profonds, certes, mais surtout gouvernement mondialiste !!!

    c’est bien de ça qu’il s’agit. L’homme aculturé, cosmopolite, déraciné, mondialisé, industrialisé, contre l’homme enraciné, xénophobe, naturel, souverain.

  2. Pierre dit

    Macron ? Une belle tête de gagneur.

    C’est pas le type qui a mobilisé le débat public pendant un an, qui a nécessité l’usage à 2 reprises du 49-3 tout ça pour… 1 300 emplois de chauffeurs de bus et quelques dimanches ouvrés en plus par an (mais pas à Paris) ?

    Ah oui en effet, c’est du lourd !

    Ajouter à tant de vacuité, un peu de « young » voire un peu de « leader »… pas certain que cela change quoi que ce soit.

    • ikomal dit

      excusez moi, mais 1 300 emplois totalement nouveaux, 1300 chômeurs de moins, 1300 familles un peu plus à l’aise, sans compter les emplois induits, et sans oublier la satisfaction des clients, et le petit plus pour les finances publiques parce que tous ça paye des impôts, et bien je trouve que ça vaut largement 2 49-3.
      Quand à savoir si le parlement et le débat public aurait pu être mobilisé pour d’autre choses, meilleures, c’est possible, mais l’expérience prouve que ça peut et que c’est souvent pour bien pire (ex : les réjouissance autour des succès des matraqueurs fiscaux …).
      Alors c’est sûr qu’à ce rythme on en a pour, à la louche, 4000 ans pour en finir avec le chômage, mais de là à cracher sur ce qui n’est pas assez. On fait avec ce qu’on a, et Macron n’est pas spécialement ma tasse de thé, mais il n’est pas non plus le pire de ce qu’on a, loin de là

  3. Deres dit

    Effectivement, ce qui caractérise l’époque moderne est que les réseaux sont devenus des entités prépondérantes et indépendantes. Les réseaux ont toujours existé et ont toujours eu une influence forte sur le pouvoir. Mais les réseaux étaient jusqu’à maintenant pré-existant de leur utilisation en tant qu’outils de pouvoir. Il y a donc une inversion de l’ordre des choses. Les « young leaders » sont assez caractéristiques car c’est juste un instrument de pouvoir, sans fond réel, pour créer des liens avec des personnes à potentiel, ce qui est au passage auto-réalisateur . On comprend mieux que nos hommes politiques ne soient plus dotés de la moindre colonne vertébrale. Toutes leurs compétences et expériences sont basés sur la création et l’utilisation de leur réseau. Et cela est certes utile pour acquérir le pouvoir, mais ne prépare en rien à l’action et à la prise de décision.

  4. B.de Vazimonga dit

    Intérėssant cette sėrie de bidules « profonds ».
    Quid de la culture profonde de notre époque égoïste ?
    Tu sais , la culture , ce machin que des populations partagent et qui rendent si naturelles certaines évidences qu’elles en deviennent invisibles .

  5. B.de Vazimonga dit

    Science fiction ..
    Il serait intéréssant scanner le cerveau des ces zélites avant et aprés leur  » programme « .
    Quand on voit de quoi sont capables les zhypnotiseurs…

  6. Le mot « profond » finit par énerver… Macron dans ses discours « profonds » dans l’express, énerve d’autant plus que l’irresponsabilité inactive de ses efféminées remarques sont celles du ministre de l’économie en exercice, conseiller du président depuis quatre ans. Que diable a-t-il pu faire pendant tout ce temps, sinon se branler dans l’ombre, en attendant la catastrophe? Celle ci aura lieu pour lui dans un an. Son fantôme disparaitra et les dames pipi martyrisées par son libéralisme enfonceront une aiguille dans sa poupée. Va te faire foutre, minable petite tapette!

  7. Robert Marchenoir dit

    C’est une excellente chose. Nous avons beaucoup à apprendre des Anglais : de leur attitude vis-à-vis de l’Union européenne, vis-à-vis de l’invasion migratoire, des attendus de leurs jugements pénaux, du dévouement à la nation de leur famille royale et de l’estime dont elle jouit en retour, de leur amour de la libre entreprise, de leurs historiens, de leurs économistes, de leurs soldats, de leurs journalistes…

    Et de leur côté, ils admirent bien des aspects de la nation française. Beaucoup de Britanniques sont morts pour la France.

    L’Angleterre a été française, la France a été anglaise et la devise de la Reine d’Angleterre est en français. Londres est la première ville française du monde en dehors de l’Hexagone, et d’innombrables Britanniques ont choisi de vivre chez nous par amour de nos campagnes, de nos villages et de notre gastronomie. Quoi de plus naturel qu’un programme d’échange et de coopération entre les élites des deux pays ?

    Votre approche obsidionale et paranoïaque commence à devenir ridicule. Vous commencez à ressembler à un Russe qui se sent persécuté par le monde entier et qui voit des ennemis partout. Laissez-moi vous dire que c’est une très mauvaise recette pour qui ambitionne le redressement de la France.

    Et puis cette litanie du « gouvernement profond », franchement… Si vous avez connaissance de scandales cachés, dénoncez-les. N’excitez pas la superstition et le complotisme en agitant des allusions aussi ronflantes que vagues.

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