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Agriculture: une première jacquerie contre le roi Hollande

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Les heurts au Salon de l’Agriculture confirment que l’année 2016 ne sera pas une année comme les autres! Jamais la contestation du pouvoir exécutif sur des sujets structurants n’avait atteint une telle puissance.

L’agriculture défie le pouvoir central

Les images sont accablantes: une profession, lors de son salon « publicitaire » à Paris, insulte collectivement le Président de la République qui la visite, puis démonte le stand du ministère de tutelle. Le pouvoir central est ici clairement défié. C’est le monarque républicain en personne qui est visé, conspué, et même bousculé par des jets de bouse de vache.

Le spectacle est immédiatement amplifié par les réseaux sociaux, et même déformé. Des rumeurs circulent sur « l’exfiltration » du Président. Pour le monde entier, l’image donnée par la France est forcément cataclysmique. Trois et demi après les attentats du 13 novembre qui auraient dû souder les Français, la colère gronde dans le peuple.

L’agriculture face au gouvernement profond

Derrière cette image déplorable, c’est l’idéologie européiste de François Hollande, et son incurie politique qui sont visés.

En digne représentant du gouvernement profond, François Hollande semble en effet encourager la crise dont souffrent nos éleveurs. Il se satisfait des sanctions contre la Russie qui ont justifié un embargo russe sur la viande, créant ainsi une crise de surproduction. Il a laissé passivement les quotas laitiers disparaître l’an dernier, favorisant les exploitations allemandes au détriment de la production française.

Non content de contempler le désastre, il l’encourage! Il n’est pas un discours de Hollande qui ne fasse l’apologie de l’Europe et plaide en faveur d’une intégration politique renforcée. Peu à peu, les Français comprennent que, dans une telle hypothèse, ils disposeraient d’encore moins de marges de manoeuvre pour faire face à leur crise.

L’agriculture face au paradoxe européiste

Les européistes béats touchent ici au paradoxe qu’ils n’expliquent jamais.

À les entendre, l’Europe, c’est forcément la prospérité, le progrès, la paix, le bonheur des peuples. Au nom de cette idéologie bêlante, toujours présentée de façon péremptoire et méprisante comme le seul discours sérieux qui puisse être tenu quand on est intelligent et responsable, une intégration renforcée dans l’Union est la seule façon de retrouver la croissance. En dehors de l’Europe, point de salut.

Dans le même temps, toutes les statistiques publiques produites depuis l’avénement de l’euro montrent le contraire: la croissance est plus faible dans la zone euro que dans le reste du monde, et la France reste accrochée à un chômage de masse, avec des armées d’exclus et des marges dégradées pour les entreprises. Des difficultés sociales sérieuses apparaissent. La désindustrialisation galope.

Il y a bien entendu un paradoxe caché derrière l’idéologie européiste, qu’aucun de ses défenseurs ne prend le temps d’éclaircir: l’Europe, c’est la prospérité assurée pour certains Européens, mais pas pour tous. Et c’est le progrès pour certains, mais pas pour tous.

L’agriculture: dernière spécificité nationale à éradiquer

Dans le « pas pour tous »… il faut comprendre que l’Europe, telle qu’elle est conçue par les europhiles français, a une utilité première: débarrasser la France de ses spécificités nationales, qui sont autant de freins dans la course à une intégration au coeur d’un monde atlantiste.

Parmi ces freins, notre agriculture constitue un mets de choix. Avec nos petites exploitations plus ou moins rétrogrades, souvent subventionnées, chouchoutées, nous disposons d’une sorte de réduit national qui fait horreur au grand monde lisse rêvé par les adeptes de l’Europe mondialisée. La passivité de Le Foll depuis début 2015 sur la disparition des quotas laitiers en est une preuve: au-delà de la posture de regret, pourquoi se battre contre un mouvement historique souhaitable? Et qu’y a-t-il de plus souhaitable que de voir la France débarrassée de cette vieille scorie que sont ses paysans?

L’agriculture: enjeu régalien

Tout dépend, évidemment, de nos options politiques. Voulons-nous une France intégrée à une irréversible division européenne du travail, ou nous dépendrons, pour notre suffisance alimentaire, de nos voisins? et où nos vieilles exploitations personnelles disparaîtront au profit d’une industrie de la terre? ou voulons-nous garder notre indépendance régaliennes en subventionnant une agriculture moins rentable que celle de nos voisins, plus chères, mais qui nous garantira notre suffisance alimentaire le jour venu?

C’est ce débat-à qu’il nous faut avoir, et notre naufrage politique, c’est que ce sujet-là est tabou.

L’agriculture: coup d’envoi d’une crise sociale à répétition?

L’ultime question de cette affaire porte sur le caractère précurseur ou non de la jacquerie à laquelle nous assistons. Les jets de bouse de vache au Salon de l’Agriculture sont-ils un geste isolé ou annoncent-ils un printemps chaud qui mettra le pouvoir finissant de François Hollande dans une impasse difficile à surmonter?

Le rapport de la Commission Européenne sur la situation française rappelle que la France a pratiqué peu de réformes de structures depuis 2008, et singulièrement depuis 2012. La loi El-Khomri illustre la difficulté pour le pays de s’attaquer aux sujets de fond. Cette difficulté tient d’ailleurs autant à la réticence civile qu’à l’incompétence de notre classe politique. Il fallait en effet être irresponsable pour confier ce dossier à une jeune ministre apparatchik qui n’a jamais mis les pieds dans une entreprise.

Alors? début d’une suite?

 

 

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27 commentaires

  1. De Vos Alain dit

    Il est très curieux de noter que tous les leaders politiques sont pour l’UE. Ils constatent une dégradation dans notre pays mais elle n’est pas dûe à l’UE mais à nous les Français. C’est assez fort comme constat. Eux seuls savent ce qui est bon pour nous.
    Depuis le début, il y a un mensonge, la prospérité a été annoncée comme assurée. C’est faux et c’est suffisant pour mettre en doute et l’UE et les politiques français.
    Aucun, aucun d’eux n’est capable de dire comment on fait avec cette UE.
    Sortir de l’UE que nenni!
    Pourtant c’est assez simple, mettre un référendum sur la place.

  2. Hilario dit

    nous devons donc construire un mur autour de la France, de sorte que la France peut avoir quelques centaines de milliers d’autres agriculteurs à faible productivité, de sorte que nous payons tous plus pour notre nourriture, qui sera si cher que les exportations sont impossibles?

    • Salles - Mongiscard dit

      caricature……
      si vous trouvez normal que chaque cigarette que vous fumez soit le prix d’un litre de lait payé au producteur, continuez à fumer…

  3. Moggio dit

    N’est-ce pas un nouvel élément de la rançon du fort interventionnisme qui touche cette branche d’activité avec notamment plus de cinquante années de PAC et des agriculteurs totalement dépendants de cet interventionnisme dans leur manière de penser et d’agir au quotidien ? De nouveau, combien de centaines de milliards d’euros ont été déversés par le contribuable européen sur cette branche d’activité depuis plus de cinquante ans (1962), sans compter la multitude de normes et de réglementations liées ? Et cette branche est encore en crise ?! N’est-ce pas cela le vrai scandale ? (Et ignorons les sur-prix agricoles que doit payer le consommateur final européen, l’impact environnemental de la PAC et l’impact de la PAC sur le développement de l’agriculture dans les pays dits pauvres.)

  4. sergio dit

    Faut-il rappeler que l’agriculteur (malgré les aides) subit de plein fouet le coup du travail et les réglementations
    ubuesques qui touchent les tous entrepreneurs français.
    Chaque jour meurent en silence des dizaines d’entreprises dans tous les secteurs d’activité, seuls les agriculteurs
    sont unis et font du bruit, qu’attendent les artisans et commerçants pour les rejoindre.

  5. Durand dit

    « Il y a bien entendu un paradoxe caché derrière l’idéologie européiste, qu’aucun de ses défenseurs ne prend le temps d’éclaircir: l’Europe, c’est la prospérité assurée pour certains Européens, mais pas pour tous. Et c’est le progrès pour certains, mais pas pour tous. »

    Je ne vois pas de paradoxe, et je n’ai jamais entendu dire qu’avec l’UE, nous allions enfin pouvoir jouir d’une prospérité automatique sans aucun effort (ou effort réduit à 35h/semaine). Comment cela serait-il possible ?
    Economiquement, la prospérité découle du libéralisme, et l’appauvrissement du socialisme. Vous pouvez être dans l’UE ou hors de l’UE, ça n’y changera rien. L’UE est un faux problème. Mais comme les électeurs en France élisent régulièrement des assemblées à majorité socialiste, et qu’ils n’ont pas trop envie de se remettre en cause, il faut bien trouver un bouc-émissaire.

  6. Robert Marchenoir dit

    Quelle confusion ! Quel mépris des faits ! Vous dites :

    « Voulons-nous garder notre indépendance régaliennes en subventionnant une agriculture moins rentable que celle de nos voisins, plus chères, mais qui nous garantira notre suffisance alimentaire le jour venu ? »

    Je suppose, malgré la faute manifeste d’accord, que régalienne se rapporte à indépendance. Vous seriez bien aimable de nous dire ce que signifie une « indépendance régalienne ». (Une bonne façon d’y arriver serait de vous demander quelle est la différence avec une indépendance ordinaire, non « régalienne »…)

    En réalité, « régalienne » ne veut strictement rien dire, vu que la monarchie est abolie depuis belle lurette en France. C’est un de ces mots-fétiches que les Français adorent, qui déplacent le discours politique dans le domaine de la magie et qui visent à interdire toute discussion réelle sur les faits. Ainsi les « valeurs républicaines » à gauche, ou la « patrie charnelle » à droite.

    L’autre concept fumeux que vous nous recyclez ici est la célèbre (et très récente) « suffisance alimentaire » (variante : « souveraineté alimentaire »). C’est un peu comme le récent « programme du Conseil national de la Résistance » : on prend le mot Résistance (qui est contre la Résistance ?) ou le mot souveraineté (qui est contre la souveraineté ?), on le colle dans une expression qui, en réalité, signifie : le programme communiste, et roule ma poule, les contradicteurs potentiels sont réduits au silence, l’enfumage est complet.

    En plus, il s’agit de « garantir notre suffisance alimentaire le jour venu ». Quel jour venu ? Celui où vous avez planifié le déclenchement de la révolution ? Le jour où Tout Va Péter ?

    Newsflash pour vous : les seuls pays auto-suffisants sur le plan alimentaire sont ceux où règne la misère, voire la famine. Pour ne pas dire la dictature. La Corée du Nord, aux frontières hermétiquement fermées, jouit de son « auto-suffisance alimentaire » (et « régalienne », si vous voulez). Ses habitants mangent de l’herbe, et périodiquement son chef (certainement très « régalien ») fait un petit coup de chantage nucléaire à l’Occident pour obtenir de l’aide humanitaire.

    Les pays normaux, prospères, pacifiques, ne sont pas plus « auto-suffisants » sur le plan alimentaire que sur le plan de l’énergie ou des lacets de chaussures. Ils produisent une partie de leurs besoins sur place, en exportent une partie et en importent une autre. En fonction de leurs capacités propres et de leurs avantages comparatifs.

    Au nom de quoi la France devrait-elle se suffire à elle-même sur le plan alimentaire ? Parce que c’est vital ? Mais la technologie numérique aussi, c’est vital, pour prendre un exemple parmi des milliers ! Pourquoi ne réclamez-vous pas l’interdiction de toute importation d’ordinateurs, de smartphones et de logiciels, suivie d’un grand plan quinquennal pour développer à marche forcée une véritable industrie numérique nationale ? On pourrait même appeler Bull la division ordinateurs, Be-Bop la division téléphonie portable et Thomson Basic la division logiciels !

    Cette industrie serait « moins rentable » que celle de nos fournisseurs actuels, les ordinateurs et les téléphones seraient « plus chers » que la camelote de Dell, d’Apple, de Microsoft ou de Samsung que vous êtes contraint d’utiliser aujourd’hui bien malgré vous, mais quelle fierté d’atteindre notre « suffisance numérique » le jour venu ! Notre suffisance « régalienne », même !

    Suffisance est le mot qui convient, en effet…

    On pourrait aussi recréer l’URSS, tant qu’à faire — demandez à votre ami Poutine, vous m’avez l’air d’avoir de bons contacts. Passez par le « Saker francophone », si votre officier traitant ne répond pas au numéro habituel.

    Bien entendu, comme la quasi-totalité des gens qui réclament « l’auto-suffisance alimentaire » en ce moment, vous vous indignez que les agriculteurs français ne puissent plus exporter en Russie, et vous prétendez que ce serait l’une des causes majeures des difficultés des agriculteurs.

    La double incohérence de cette position n’a pas l’air de vous gêner. Premièrement, vous imputez au gouvernement français une mesure qui est dûe au gouvernement russe : c’est à votre ami Poutine que vous devriez reprocher l’embargo, pas à la France ! C’est Moscou qui a décidé de bloquer les exportations françaises, pas Paris !

    Deuxièmement, vous réclamez d’une même voix la suppression de toute importation agricole (c’est bien ce que veut dire « l’auto-suffisance alimentaire »), et non seulement le maintien, mais l’extension de nos exportations agricoles !

    Je ne sais pas dans quel monde vous vivez, mais il n’est sûrement pas situé dans le système solaire. J’aimerais bien savoir par quel moyen vous allez contraindre les 199 autres pays du monde (environ) à nous acheter nos produits agricoles, tout en leur interdisant rigoureusement de nous vendre les leurs.

    En les menaçant de les vitrifier à l’aide de l’une de nos bombes atomiques, aussi « souveraine » que « régalienne », peut-être ?

    Réclamer que la politique étrangère de la France se soumette aux diktats russes, sous prétexte que les producteurs de pommes ou de porcs ne peuvent, provisoirement, plus exporter en Russie, c’est à la fois se montrer bien peu patriote, et confondre un épiphénomène avec des problèmes structurels.

    La Russie est le seul pays, en dehors de la France, à manger du porc ? Les éleveurs de porc français n’ont pas le téléphone, ils ne peuvent pas chercher d’autres clients ?

    Les problèmes de l’agriculture française sont bien antérieurs à l’embargo russe, et sont d’une toute autre gravité. Il est malhonnête de mettre sur le même plan des problèmes économiques dont vous échouez à nous expliquer la teneur réelle, et la fermeture temporaire d’un marché qui constitue l’ordinaire de n’importe quel producteur dans n’importe quel secteur.

    • 1) « Régalienne » a un sens. Fonction régalienne : fonction essentielle de l’Etat, par opposition aux fonctions accessoires (défense, diplomatiepolice, justice). Les fonctions régaliennes font l’unanimité, on les retrouve partout où il y a un Etat.L’agriculture est accessoire, donc non régalienne.

      2) Cette histoire d’autosuffisance est, effectivement, stupide. Surtout venant d’un pays exportateur.

      3) Il n’empêche qu’on peut soutenir l’agriculture pour des raisons non-économiques. Il n’y a pas que l’économie dans la vie. D’ailleurs, s’il n’y avait que l’économie, il n’y aurait pas besoin de gouvernement.

      • Robert Marchenoir dit

        « Régalien » a certainement un sens, mais c’est le choix de ce mot qui trahit la névrose franchouillarde. Ce n’est pas à vous que j’apprendrai l’importance de l’emploi du mot juste. Utiliser un mot qui a un sens ostensible, tout en exploitant le sens complètement différent qu’il suggère, est l’une des méthodes les plus efficaces de la désinformation. Voyez les « valeurs républicaines », « l’antiracisme » et tant d’autres.

        En l’occurrence, la France est le seul pays du monde, à ma connaissance, à faire allusion à la royauté pour décrire les fonctions auxquelles devrait se limiter un Etat dans le cadre d’une démocratie libérale.

        Or, ces fonctions sont les mêmes partout, y compris dans des pays qui n’ont pas notre culte malsain de la monarchie, ou même qui se sont construits dans la haine de la monarchie, comme les Etats-Unis.

        Il y a donc un loup, et ce loup devient évident dès lors que l’on voit des étatistes enragés utiliser ce mot de « régalien » à tout bout de champ, précisément pour battre en brèche toute initiative un tant soit peu libérale.

        Il ne faut pas utiliser les mots de l’ennemi. Faute de quoi, on se condamne au pire des cas à faire la propagande de ce dernier, et dans la meilleure des hypothèses à cultiver la confusion de sa propre pensée.

        Dans tous les cas, c’est le débat qui en pâtit, et ce quelle que soit l’opinion que l’on veuille défendre.

        • Pour moi (et il me semble qu’en cela, je suis assez fidèle au dictionnaire), « régalien » a un sens strict : police, justice, défense, diplomatie.

          Agriculture, routes, éducation, santé, etc. ne sont en rien régalien.

          Ou alors, on tombe dans Alice au pays des merveilles : chaque mot a précisément le sens que je veux lui donner. « boeuf bourguignon » désigne alors un dessert lacté et sucré et « régalien », le calibre des escargots en basse Provence.

          • Salles - Mongiscard dit

            marchenoir mélange les choux et les carottes.

            la france est exportatrice hors europe de quoi sur le plan agricole ? pinard et fromages… mais le soja arrive a gogo en Bretagne. Ne pourrais t on pas le produire en France ?

            je suis désolé marchenoir mais la foret progresse en france et comparer l’electronique au pain est toomuch. je vous laisse en cas de crise grave manger une platrée de micro processeurs . ma mère passait en baissant la tête devant les panzers porte d’orléans pour aller chercher une bouteille de lait loin dans la zone.
            Qui vous dit que cela n’arrivera pas à nouveau même si ce sont les T 90 que vous abhorrez ?

          • Robert Marchenoir dit

            C’est étonnant à quel point des gens intelligents peuvent s’obstiner à ne pas comprendre un argument simple. Je ne dis pas l’admettre ; je dis simplement l’écouter et le prendre en compte.

          • Robert Marchenoir dit

            Mon commentaire du 29 février à 16 h 8 était une réponse à Franck Boizard.

            Quant à celui de Salles-Mongiscard… qu’en dire ? On ne peut répondre qu’à des objections un peu claires basées sur une pensée structurée. Que faire avec une telle bouillie mentale étayée sur rien ?

            Petite information : les exportations agricoles de la France sont supérieures à ses importations. Les protectionnistes devraient y réfléchir à deux fois.

    • Kptain Nemo dit

      Merci pour cette réponse de qualité qui ouvre la perspective d’un débat, voire d’un droit de réponse de notre hôte.

      Vous faite mouche en relevant le focus particulier sur la partie alimentaire de l’auto suffisance fantasmée par certains, dont moi. Sans doute faut il y voir le symptôme d’une projection pessimiste de l’avenir.

      En même temps, le reflexe survivaliste que semble marquer cette préoccupation de l’auto suffisance alimentaire peut se comprendre, au regard du banco joué par les apprenti sorcier eurobéats du TINA.

      L’absence de plan B relativement aus choix structurants d’intégration toujours plus poussée en Europe (la sortie d’un pays étant toujours empêchée, jusque là) est angoissante. D’autant plus au regard du track record des dirigeants européens est affligeant (indépendance energétique/ Nabucco, Galileo, agenda de Lisbonne, action diplomatique, crise migratoire…). Le fait qu’il n’y ait aucune sanction à ces échecs et que la seule réponse à ces ratés stratégiques et récurrents soit une demande pour plus d’Europe et moins de débats est anxiogène. Je comprends que l’on en vienne à des reflexes de survie. Si en tant que bourgeois on peut être rassuré de constater que la police de la pensée permet de limiter la progression d’une réflexion alternative, on peut aussi craindre qu’au premier craquement la construction dans son ensemble cède (la forfaiture du Congrès suite au référendum de 2005 reste à régler).

  7. Jo l'indien dit

    La différence entre un agriculteur polonais et français, l’un a une réglementation tenant dans l’epaisseur d’une feuille de papier, un SMIC à 300 euros pour 50h/semaine et un coup de pied au cul tenant lieu de rupture de contrat de travail et l’autre, une montagne de contraintes, des inspecteurs sur le paletot, une tonne de contraintes et une concurrence telle que jamais de la vie (hors Xavier qui est censé le représenter…) il n’envisagera de recruter un salarié… Ne parlons même pas de la « concurrence » venant de plus loin, c’est pire…

    • Salles - Mongiscard dit

      exact! c’est pour ça que le fils de madame christiane lambert ( vice présidente de la fnsea ) travaille dans une laiterie en roumanie avec…4700 vaches laitieres. pas de robot de traite en pologne dans ces méga fermes. 50 femmes en 3×8 à 300 euros pour traire 1000 vaches……

      • Robert Marchenoir dit

        Et au même moment, la « sagesse populaire » française s’indigne d’un unique projet de « ferme de mille vaches » en France (en réalité 800), hautement mécanisée, productive et innovante sur le plan écologique (production de méthane). Il faudrait savoir ! Les Français veulent toujours une chose et son contraire ; ça ne va pas être possible…

        La façon de concurrencer avec succès une ferme de 1 000 vaches employant de façon extensive de la main-d’oeuvre à bas coût, c’est de créer des fermes de 1000 vaches (ou 10 000 — 1 000 c’est très peu), avec peu de main d’oeuvre, bien payée, et de la technologie qui crée la différence en termes de productivité.

        Mais non, les Français chouignent quand les Polonais sont mal payés, et ils chouignent quand on veut faire du « productivisme » en France ! Le chroniqueur gastronomique Périco Légasse, reconverti dans l’agitation politique rouge-brune de bas de gamme, voue même aux gémonies les agriculteurs qui utiliseraient un GPS sur leur tracteur ! Ca détruirait la civilisation !

        On nage dans la pensée magique et la superstition.

        • Salles - Mongiscard dit

          il y a un juste milieu et je vous rejoins sur les extremistes de l’agro-bio mais sur les grosses unités en france ce sont celles ,étant un max endettées avec parfois des terres qui sont hypothéquées qui craignent le plus. Un robot c’est 100.000 euros. Et un robot à part traire cela ne fait rien d’autre

          et un litre de lait égale une cigarette…Celles qui tiennent encore parmi les moyennes sont celles ou la femme a un cdi à l’extérieur et des ainés qui travaillent gratos jusqu’à leur mort et en n’ayant pas écouté les sirenes de la fnsea collaboratrice de l’agro alimentaire

  8. déception positive dit

    il reste un point qui n’a encore été abordé par personne ici, c’est celui du paysage. Il est vrai que cela peut vous mener loin. Faut-il rappeler que le paysage des campagnes françaises est une résultante de la façon dont on l’exploite (d’où l’expression voulue moderne en 1960 d’exploitant agricole qui remplaça celle de paysan) or le paysage de nos campagne fait encore partie de notre patrimoine(cf. l’affiche pour la présidentielle de Mitterrand en 81) et de notre spécificité en terme touristique qui avec l’effondrement programmé de l’agriculture reste une de nos dernière ligne de survie économique… même si les attentats si chers à la survie politique de notre Hollande l’ont déjà largement entamé.
    Donc, ici aussi, avant de jeter le bébé avec l’eau du bain, il faudrait peut être une réflexion de fond sur notre identité française dont l’agriculture est encore partie prenante. Ainsi, quid de certaines régions comme celles de moyenne montagne; on les laisse revenir à de la forêt industrielle cultivée en rangs d’oignons ? Et, d’ailleurs, quid même de nos grandes plaines… on les laisse devenir d’immenses champs kolkhoziens à l’ombre de forêts d’éoliennes géantes (cf. sur l’A1, à mi-chemin de Paris/Lille, sortez un jour à Roye pour voir le paysage; pas compliqué à trouver c’est là où les gens du voyage ont acquis le pouvoir de bloquer l’autoroute plusieurs jours en défiant le pouvoir dit REGALIEN et vous comprendrez ce qui nous attend en terme de paysage et donc d’identité ) ? Evidemment dans une logique d’apparatchik à la VALLS c’est bien. En effet cela fera fuir les derniers Rurbains qui seront ainsi amenés à venir mettre un peu de « blanco » dans les banlieues. En fait, dans la France Zarko/Hollando/Vallsienne que l’on nous construit sournoisement depuis maintenant plus de 10 ans tout est pour le mieux…bien sûr dans… » le meilleur de Monde » au sens de « Brave New World »= pas de place pour les Sauvages.

    • Robert Marchenoir dit

      Le paysage est, au contraire, souvent abordé dans ce débat. Et en effet, c’est un critère légitime. Mais qui ne peut certainement pas prendre le pas sur les critères plus importants que sont la prospérité de l’agriculture française, et celle de l’économie dans son ensemble (donc celle des consommateurs de produits agricoles, c’est à dire vous et moi).

      Rappelons tout de même que les agriculteurs, ça doit faire quelque chose comme 1 % de la population française, en ordre de grandeur. Donc je veux bien que la majorité ne doive pas écraser la minorité, mais il y a un moment où il faut rétablir le sens des proportions, tout de même.

      Le comble de l’absurdité, à cet égard, a été atteint lorsque les autorités nous ont expliqué (à l’unisson d’un certain nombre d’agriculteurs) que ces derniers n’avaient plus pour fonction première de produire des aliments, mais étaient en quelque sorte des paysagistes, des jardiniers-fonctionnaires, qui faisaient joujou non pas à la marchande, mais au paysan, et dont la fonction principale consistait à peigner, non pas la girafe, mais le paysage, pour le plus grand plaisir des citadins venus en visite le week-end.

      Laissez-moi vous dire qu’il faut être une nation sacrément riche pour que l’Etat paye des paysans d’opérette à ne rien faire, mais juste à « préserver le paysage ». La dernière fois que j’ai jeté un coup d’oeil sur les comptes de la nation, et en particulier aux rubriques déficit et dette, rien ne m’a incliné à penser que nous puissions nous payer ce luxe.

      Cette histoire de « paysage » rappelle beaucoup les facteurs, dont les chefs, à La Poste, passent leur temps à nous expliquer qu’ils n’ont plus rien à faire, puisque les petites filles n’écrivent plus à leur grand’mère pour lui souhaiter joyeux anniversaire. En conséquence de quoi, les dirigeants en question se grattent les flancs, de concert avec le gouvernement, pour trouver aux facteurs de quoi les occuper à nos frais. Les idées de génie issues de cette réflexion ressemblent beaucoup aux trous du sapeur Camember (mais ces derniers avaient au moins l’avantage de faire rire).

      Il n’y a qu’en France qu’on envisage sérieusement d’employer les facteurs à relever les compteurs d’électricité (juste au moment où installe massivement des compteurs « intelligents » qui suppriment tout relevé), à faire des constats de sinistres pour les compagnies d’assurance (juste au moment où ces dernières généralisent les procédures d’indemnisation rapides et forfaitaires sans constat), ou à faire passer les examens du permis de conduire (ce qui, à en juger la la façon dont les postiers conduisent leurs camions au mépris de toutes les règles du code de la route, équivaut à confier à des proxénètes des stages d’encouragement de la jeunesse à la chasteté).

      De façon générale, dans toute entreprise normale, c’est à dire privée, lorsque le progrès technique rend une fonction obsolète, eh bien on licencie les gens qui l’occupaient. On n’oblige pas le contribuable à les payer pour faire semblant de travailler. Une fois rendus au marché du travail, si les compagnies d’assurances ont besoin d’experts pour faire des constats (et ont envie d’embaucher des facteurs), elle le feront. Sinon, ils iront là où le marché aura besoin d’eux.

      C’est pareil pour les « paysans ». L’emploi même de ce terme montre que les gens qui traitent du sujet le font trop souvent après s’être documentés dans « Martine va à la ferme ». S’il n’y a plus besoin de « paysans » parce que la productivité a formidablement augmenté, eh bien il est inutile et nocif de les payer sur fonds d’Etat à ne rien faire sous prétexte de « paysages ».

      Je ferai remarquer d’autre part que les fameux « paysages » françoués dont se gargarisent les tenants de cette thèse ont largement été façonnés à une époque où il n’y avait ni politique agricole commune, ni quotas laitiers, ni soutien des prix ou je ne sais quel échafaudage stato-gauchiste dû au merveilleux Marché commun des années 60, quand le général de Gaulle avait les couilles de dicter ses ordres aux Allemands, aux Américains et au monde en général (lequel lui obéissait en baissant les yeux, comme chacun sait).

      Cette histoire de « paysages » provient de la même névrose franchouillarde qui pleurniche sur la « crise du logement », sans interruption depuis 1918, mais hurle au « bétonnage », voire à « l’horreur pavillonnaire », dès que quiconque fait mine d’obéir aux injonctions de ceux qui réclament qu’on construise.

      En somme, il faudrait construire des logements mais qu’ils restent totalement invisibles ; ou bien il faudrait que les agriculteurs puissent gagner confortablement leur vie, mais en limitant la surface de leurs exploitations à celle d’un jardinet, voire en « diminuant leur production ». (Ne riez pas, c’est exactement ce que des lumières agricoles style José Bové et Périco Légasse ont déclaré dans les gazettes il y a quelques jours.)

      Je suis le premier à réclamer que l’on se penche sur le sort de l’agriculture française, mais à condition de laisser les fantasmes de côté — et ce sujet est l’un de ceux qui excitent le plus la pensée magique aux dépens de la réflexion rationnelle.

  9. Gordion dit

    Je pense que l’auteur doit effectivement préciser sa pensée sur la suffisance alimentaire. Nous comprenons bien qu’il aborde l’agriculture comme richesse nationale, comme les physiocrates ? Et que c’est une arme dans la concurrence internationale qu’il conviendrait de renforcer.
    Le hic est que outre L’UE la France a besoin d’exporter ses produits agricoles, mais à aussi besoin d’importer du soja comme exemple.
    Enfin, la PAC profite essentiellement à la France, et à ses gros céréaliers en particulier.
    Nous sommes d’accord que les éleveurs nationaux souffrent, mais, comme je l’ai dit ici précédemment, le charbon, le textile ont quasiment disparu malgré les plans d’aides successifs.a filière viticole qui s’en sort pour l’instant est celle qui produit des vins de qualité. Le jeune éleveur ou producteur de lait n’est pas rentable devant les tribunaux megafermes à 5000 vaches.
    La qualité donc les marges élevées sont trop petits pour être rentables. Le business model n’est pas adéquat.
    La France a une spécialité bien à vous elle est en plus, je veux parler du gauchisme écologique qui oblige les producteurs à respecter des normes françaises et européennes aberrantes sur la qualité, mais tracabilité, augmentant les coûts de production, distribution et impactant les exportations.
    Business plan à changer. PAC à la réformer, même si tous les états subventionnent leurs agriculteurs, n’est-ce pas messieurs les américains, canadiens, je australiens, je argentins, et producteurs de bananes DES DOMAINES TOM Français. Le parisien paie sa banane plus chère que d’autres pays qui importent des Caraïbes, Afrique et Asie plus faiblement.

    Reformer pour être compétitif, augmenter ses parts de marché, et laisser jouer la concurrence pour le basique qui nourrit la population. Le haut de gamme, le bio encore que le consommateur ne soit pas toujours convaincu du rapport qualité. Prix, je très élevé. Le DHKP-C haut de de gamme est un marché de niche ciblant les restos haut de gamme, et une clientèle nationale et internationale aisées. Profits élèvés mais concurrence forte ‘
    Enfin, le rappel de de la valeur ajoutée du paysan dans les terroirs est toujours très apprécié de l’opinion publique, en tant que conservateur des campagnes, des littoraux, des îles et d’une certaine manière de vivre qui rappelle les bons roi Henri II et son intendant Sully, Bacchus, très festifs  »
    On aime toujours nos paysans quoi qu’il arrive… Peut-être plus pour très longtemps.

    Sujet complexe et sensible. Mais on ‘e peut pas accepter les des photos jacqueries à répétition.

    Dernier point, le retour à la grande peur de l’an 1000 avec les substances OGM, Dont les gauchistes instrumentalisent u e panique de fin du monde’ mensonges effrontés qui passent sous silence l’évolution de l’épeautre, ancêtre du blé, qui a muté naturellement. Ce grand cirque médiatique rappelle le droit de de retrait et le principe de précaution. La défaite de la pensée devant l’idéologie de gauchiste. Il faut éduquer les citoyens.
    Vaste programme.

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